Le Père VINCENEUX raconte :
 
Il y a 23 ans de cela, mais le souvenir m’est aussi vivant que s’il était d’hier. J’étais curé de Sainte Jeanne d’Arc.
 
Au début d’un après-midi, coup de téléphone : c’est Monseigneur Sembel qui m’annonce sa visite. Que veut-il me dire ?
 
Le voici. Après quelques aimables questions sur ma santé, il me parle du grand quartier des Grésilles qui va s’édifier au Nord-Est de Dijon, à la limite de la paroisse et, avec un sourire, il me dit : « N’aimeriez-vous pas en être le curé et … en bâtir l’église ? »
 
Devant ma surprise, il ajoute : « Vous avez été à bonne école, au Sacré-Cœur, avec Monseigneur Tattevin… ».
Et, voyant mon hésitation après un silence… « Votre nouvelle paroisse s’appellerait Sainte Bernadette … »
 
Sainte Bernadette…, Sainte Bernadette…, ma sainte de prédilection ! Je ne sais s’il le savait, mais faisant vibrer la corde sensible, mon évêque m’avait touché au vif. Je ne pouvais que lui répondre : « Monseigneur, j’accepte ».
Bien loin de l’avoir regretté, j’en bénis toujours le Seigneur.
 
Sainte Bernadette… J’étais encore enfant lorsque j’ai fait sa connaissance à Lourdes où je venais pour la première fois, en 1913. Depuis, j’y suis retourné si souvent…
 
À Lourdes, j’avais vu l’œuvre de celle qui s’était dite « une bonne à rien »… Alors,  me sentant dépassé devant la tâche, « bon à rien » comme Bernadette, je me suis dit : « Certainement elle me comprendra, elle m’aidera »… Alors, dans la confiance, j’ai pris la route, sa route, « la route Sainte Bernadette ».
 
Bernadette était pauvre, voulait rester pauvre, et voici que spirituellement sa pauvreté devint sa grande richesse. Elle m’aiderait à avoir « l’esprit de pauvreté » nécessaire pour… « tendre la main ».
 
Bernadette à qui la Dame avait demandé « d’aller dire aux prêtres de bâtir une Chapelle » ne s’était pas contentée de transmettre le message. Invisible mais présente, elle avait certainement aidé ceux qui ont eu le courage et la foi d’édifier les sanctuaires de Lourdes. J’ai pensé qu’elle avait fait ses preuves. Je pouvais donc compter sur elle. Elle ne m’a pas déçu.
 
Bernadette avait transmis un autre message : « Que l’on vienne en procession ». Les processions de Lourdes, les pèlerins de Lourdes, les malades de Lourdes…, quel spectacle bouleversant ! La véritable église que je devais construire n’était pas de pierre et de bois, de ciment et de métal, elle devait être une « Église vivante », faite d’hommes et de femmes, d’enfants et d’aînés, de jeunes et d’adultes, de bien-portants et de malades. Et j’ai pensé : « Avec elle, ils viendront, elle les attirera ».
Voici comment le Père VINCENEUX a dit "oui"
Crypte de l'église : Bernadette Soubirous devant Notre-Dame qui lui appraît en 1858 à Lourdes
Lucien SCOUPE (c) La Vie Catholique Illustrée, 1958
Mgr SEMBEL
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